Charlotte et Giovanni, les amoureux voyageurs : de PVTistes en Australie à Résidents Permanents au Québec, ils nous disent tout !

Charlotte et Giovanni, c’est un duo explosif, improbable, un couple qu’à priori tout oppose, formé par une française et un italien.
Alors qu’ils se sont rencontrés en Belgique où ils y terminaient leurs études en 2014, ils se sont très vite découvert un  gros point commun : l’envie de voyager !
Ensemble, ils ont fait le grand saut dans l’inconnu. Après un an de PVT en Australie (cf l’article Le PVT, quesako ?) , un voyage en Asie du sud est, un retour ponctué de péripéties entre la France et l’Italie, les voilà expatriés à Montréal depuis maintenant plus de deux ans grâce au PVT Canada.
A force de travail et de détermination, ils ont récemment obtenu tous les deux leur résidence permanente. C’est à dire qu’ils ont dorénavant un visa leur permettant de vivre et travailler au Québec en toute légalité, sur le long terme.
Nous ne sommes donc pas prêts de voir ces deux-là rentrer vivre en Europe de si tôt !

Retour sur leur expérience avec eux :

 

Décider de partir voyager en couple alors que vous vous connaissiez à peine, c’est un sacré pari non ?

« Haha oui en effet, on ne se connaissait que depuis quelques mois ! C’était fou quand même ! En fait notre début d’histoire n’a été fait que de folies !

1ère folie : Notre rencontre en pleine festivités Belges à faire des folies dans les rues (pas de notre corps!).

2e folie : Chacun de notre côté on était sur le point de quitter la Belgique. Charlotte voulait s’installer à l’île de la Réunion et le rêve de Giovanni était de faire le tour du monde à moto et aller en Australie mais il a voulu suivre Charlotte. En novembre on était en train d’acheter les billets pour la Réunion et d’un coup on s’est dit “non on va aller voir les kangourous !” Et dans l’heure qui a suivi on a commencé les démarches pour le WHV(Working Holiday Visa) et en décembre on partait.

3e folie : Partir ensemble en se connaissant peu à des milliers de km de nos familles/amis sur une grande île loin de tout où tout peut te tuer ! »

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Finalement, comment s’est passé ce premier voyage en couple ?

« Comme on se connaissait à peine, on s’est dit que si ça marchait tant mieux et si ça ne marchait pas tant pis on pourrait se séparer, vivre son expérience, on aurait voyagé !

Au début ça a été difficile ! Un italien avec une petite féministe on vous laisse deviner ce que ça peut donner ! Et puis vivre dès le début 24h/24h à deux sans se connaître, sans pouvoir évacuer avec nos amis, c’est pas vraiment évident ! Vous vous imaginez coincés dans votre 4×4 dans le bush australien après une dispute en mode “bon je vais faire un tour”…le tour du 4×4 ! On peut te dire qu’on connaît bien les défauts de l’autre ! 😉
Mais aussi les qualités (moment bisounours). Mais on a appris à mettre de l’eau dans notre goon (vin local enfin on ne sait pas si on peut appeler ça du vin!).  

Au cours du trip quelques tensions sont apparues, en rentrant d’Asie du Sud-Est on ne savait même plus si on allait continuer ensemble. On ne l’imagine pas forcément mais un road trip apporte parfois un certain stress, une certaine fatigue, une sursollicitation et une certaine vigilance qu’il faut apprendre à gérer déjà seul mais avec quelqu’un en plus…En fait on est devenus un pour deux, deux pour un dans les galères !

On a vu plusieurs couples se séparer pendant et après leur voyage. Les road trips en couple c’est vraiment ça : ça passe (pour une bonne partie) ou ça casse!

Au final un peu cliché mais vrai, ça apporte que du bon! On apprend sur soi, sur l’autre, sur nous, sur les autres ! Et on a surtout eu des moments tops tops ! (on peut mettre un cœur ou c’est trop ?! ^^) »

 

Comment s’est passé votre deuxième expérience de PVT au Canada ?

« Après l’Australie et notre trip en Asie, on a troqué les kangourous pour les caribous ! Mais pour ce PVT on est parti totalement dans une autre optique, c’était pour essayer de s’y installer et non pour le côté ‘vacances-travail’.

Pour obtenir ce PVT il faut être tiré au sort, on avait déposé notre dossier sans y croire vraiment : il restait peu de places et il fallait être tous les 2 tirés au sort…Et on a été pris ! Charlotte pense que ce n’est pas que du hasard, bizarrement ils vous demandent votre âge et votre métier ! Kiné et Architecte dans l’âge de procréer pour repeupler le Canada ça ne passe pas inaperçu ! lol
Et quand on demande un peu la situation des tirés au sort c’est un peu dans le même style ! Mais ça ce n’est que son avis! Et ce qui suit fait part de notre expérience à nous !

Le Canada fait les yeux doux aux Français pour venir travailler ici mais une fois sur place ce n’est pas si facile d’y trouver « une job » (comme on dit icit’) bien payé et surtout de vouloir y rester ! Ça fait 2 ans qu’on est ici et ça fait 2 ans qu’on est dans les papiers de l’immigration avec des privations et compromis pour obtenir la Résidence Permanente. C’est un chemin long, subtil et incertain!  Et pas mal d’argent déboursé dans tous ces papiers, l’immigration faut le vouloir et surtout le payer ! ^ ^ L’immigration des Français c’est rentable à tous les niveaux ! 😉 Mais ça y est on a lancé notre Résidence Permanente et on vient tout juste de renouveler notre permis de deux ans ! Et là on s’attaque aux équivalences ! Bah oui quand il n’y a plus de papier  il y en a encore! Hé oui on a beau avoir des professions que le Canada demande, ils ne nous laissent pas les exercer (un corps ou un bâtiment canadien c’est les mêmes que ceux européens non ?!) ou alors on est sous-payés ! ^ ^
Mais la vie en générale est chouette donc
ça compense bien ! »

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Pourquoi avez-vous décidé d’immigrer au Canada plutôt que de rester en France, en Italie ou en Belgique ? 

« Giovanni ne voulait pas vivre en France avec tous ces Français ! ^ ^ Et Charlotte aurait bien aimé retourner en Belgique, son pays de cœur mais Giovanni ne se voyait pas vivre sous le “néon belge” (le ciel gris belge), et en Italie il n’y a plus de travail et surtout, il y a la langue italienne qui est une barrière pour Charlotte !
Donc le Québec était un bon compris !
Montréal est vraiment une chouette ville, toujours quelque chose
à faire, un sens du civisme top… on y est bien ! Bon peut-être à part l’hiver on s’en passerait bien, juste un peu de neige c’est tout ! »

 

Australie vs Canada : vous avez tenté l’expérience PVT dans ces deux pays, quelles sont vos préférences ? Y a-t’il de grosses différences ? 

« L’un c’est les kangourous, l’autre c’est le caribou (ou plutôt l’orignal pour le Québec) !  A vrai dire on voit plus de ressemblances que de différences ! Ils ont chacun une histoire houleuse avec les colons blancs et les premiers peuples. Il y a des grands espaces désertiques où presque rien de ton corps ne peut survivre et tu sais pourquoi (un le froid et l’autre le chaud)!  Ils ont un côté où tout est « awesome » ou « parfait » qui est parfois un peu ou trop diplomatique ! ^ ^
En Australie l’alcool est pas mal cher alors tes bières et surtout ton vin tu les dégustes ! Leur gastronomie à base de burger frite te fait prendre des kilos !
Il y a aussi leur accent que cela soit les Australiens ou les Québécois au début tu ne comprends rien puis après un mot sur deux puis après tu t’y fais…ou pas !
Mais surtout ce qui est très agréable et appréciable c’est leur gentillesse, leur entraide et leur rythme de vie pas stressant pantoute avec le « no worries (mate) » des Australiens ou le « pas d’trouble » des Québécois. Mais aussi leur sens du civisme exemplaire et le sentiment de sécurité qui règne (on fait la queue pour tout en respectant l’ordre d’arrivée, on peut se balader le téléphone à la main, le sac entrouvert ou rentrer seul tard sans problème).
Après c’est vrai que l’Australie remporte sur le c
ôté beau temps (côte ouest) et plages qui est tout de même pas négligeable ! »

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Quels sont vos plus beaux souvenirs ? 

« Pour Charlotte nager avec les raies Manta (et requin, tortue) !! OMG c’était inexplicable ! Et le Karijini National Park (tapez sur le net et vous allez comprendre pourquoi!). De manière générale le road trip en Australie : les kangourous, le 4×4 et son aménagement, s’arrêter où l’on veut, dormir sur une plage déserte…Ah oui aussi les petites bières bien fraîches après le travail physique des fermes sous 40°!
Et en Asie du Sud-Est les rizières et les balades en scooter !
Au Québec les chiens de traineau, la Gaspésie et les 2 weekends en chalet avec les amis !

Pour Giovanni surement pas les raies Manta car il était malade sur le bateau! haha
En Australie d’avoir trouvé un travail qui nous a permis de quitter le woofing et de ne pas avoir dû rentrer en Europe après seulement un mois (pragmatique comme souvenir!). Et de terminer
à 14h et pouvoir aller à la plage après le boulot et bien sur le road trip. En Asie du Sud-Est les couchers de soleil avec ou sans les temples.
Au Québec les jacuzzis dans les chalets avec les potes et la pluie verglaçante avec la couche de glace qu’elle nous a laissés sur les manteaux et de voir les autres et nous glisser, impuissants (= comme des grosses m***) sur la glace. »

Week end en Chalet au Québec

Et les pires ?

« Pour nous deux, voir Giovanni tomber d’un rocher où l’on pensait qu’il y avait le vide mais heureusement il y avait un rebord  en contrebas. Puis devoir soulever Giovanni pour remonter les « escaliers » en roche. Bilan de bonnes grosses entorses pour Giovanni à chaque pied et une grosse frayeur !

Pour Giovanni, la nuit passée dans les toilettes du petit aéroport de Chiang-mai pour aller au Cambodge, on a bien cru qu’on allait rentrer direct en Europe !

Et le pire-beau souvenir ou plutôt la plus grosse galère (car il y en a toujours une !) c’est lorsque notre 4×4 a décidé de s’arrêter en plein milieu du désert et ne plus vouloir redémarrer du tout (oui on avait l’habitude qu’il nous fasse des petites frayeurs ! Mais au bout de 30 min il décidait de continuer sa route, c’était un vieux papi!) . On faisait moins les malins ! On pensait tout abandonner sur place et faire du pouce. Mais des supers Australiens se sont arrêtés pour nous aider et à tour de rôle nous ont tractés sur 400 km vers le seul camping à la ronde !  On a dû littéralement dormir à la belle étoile avec seulement des couvertures posées par terre ! A savoir qu’en Australie le camping c’est une affaire sacrée avec des caravanes et tentes top moumoutes derniers cris, au matin les Australiens se sont bien marrés, et nous aussi d’ailleurs ! »

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Des regrets ?

« Qu’il nous ai manqué 10 et 20 jours de travail en ferme sur nos visas respectifs pour faire la 2e année en Australie ! On aurait vraiment aimé faire cette 2e année pour pouvoir trouver un sponsor et pour s’y installer !
Peut-être aussi pour Charlotte, d’avoir loupé les requin-baleines et pour Giovanni de ne pas avoir fait le tour entier de l’Australie. »

 

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Vos projets pour l’avenir ?

« Plein ! Au niveau boulot, avoir nos équivalences et des bons jobs! Au niveau voyage, road trip dans l’ouest Canadien, l’Amérique du sud et les États-Unis! Ça en fait pas mal quand même là ! »

 

Un mot pour résumer votre aventure ?

« Odyssée / Aventure »

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