Gaëlle, expatriée en Espagne après 8 mois en sac à dos en Amérique latine.

Gaëlle a 23 ans lorsqu’elle part explorer les routes d’Amérique latine en sac à dos pour la première fois de sa vie, après avoir terminé ses études en droit et sciences politiques.
Son rêve, c’est de découvrir la Patagonie et ses grands espaces. Passionnée de danse latine et de photographie, elle compte bien développer ses performances de danseuse en passant par l’Argentine et la Colombie notamment, et pourquoi pas, réaliser des reportages journalistiques sur le terrain.

Mais Gaëlle ne part pas toute seule à cette époque-là. Elle propose à sa meilleure amie (allez disons-le, elle me propose 😀 ❤) de l’accompagner dans son voyage. C’est ainsi que nous avons partagé pendant 2 mois des moments mémorables sur les routes de Cuba, du Pérou, de la Bolivie, du Chili et de la Patagonie Chilienne/Argentine.
Une seconde amie à elle, Anne-laure, a également accepté l’invitation et nous a rejoint pour le deuxième mois. Une fois les au-revoir faits à l’extrême sud du continent Américain, Gaëlle se retrouve confrontée à elle-même pour la suite de son voyage.

Elle se rend alors à Buenos Aires où elle y vivra pendant 4 mois en tant qu’expatriée, tout en vivant sa passion à fond. Elle travaille dans une auberge de jeunesse en échange du logement et s’entraîne à la Bachata presque tous jours, tout en devenant bilingue espagnol. Puis elle repart sur les routes pour terminer son voyage, tantôt seule, tantôt accompagnée, à la découverte de la Colombie et de l’Uruguay.

Moins d’un an après son retour en France, Gaëlle vit désormais en Espagne, à Barcelone, où elle y a décroché un job et vit pleinement sa passion pour la danse tout en profitant de la vie et de la culture locale qui lui rappelle celle de Buenos Aires.

Zoom sur son expérience !

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Qu’est-ce que ton voyage t’as apporté concrètement ?

« Le voyage m’a appris avant tout à relativiser je pense. Relativiser par rapport aux petits problèmes du quotidien, par exemple. Relativiser par rapport à d’autres qui vivent avec beaucoup moins et qui pourtant paraissaient plus heureux que nous en Europe. J’essaye de toujours l’appliquer au quotidien, même après être rentrée.

Deuxièmement, le voyage m’a aussi permis de comprendre ce que je voulais dans la vie : danser. Les mois où je ne pouvais pas danser ont été trop longs ; et la danse m’a tellement manqué – transporté – transformé que je ne vois plus ma vie sans. Même si ça n’en devient pas un job à part entière.

J’ai fait aussi beaucoup de photos, et j’ai commencé pendant mon voyage à concrètement l’imaginer comme métier plutôt que simple passion. J’ai d’ailleurs eu la chance de faire un super stage au Chili avec un photographe rencontré par hasard, en chemin, à Valparaiso. Il m’a appris des techniques particulières qui me tenaient à cœur et m’a partagé son savoir-faire rare.

Aujourd’hui, j’arrive davantage à affirmer ce que j’ai envie de faire même si cela ne suit pas le chemin que je m’étais tracée en faisant des études en science politique. »

Étais-tu effrayée à l’idée de voyager seule ?

« Je pense que je n’ai jamais eu trop peur de voyager seule. J’ai su très tôt que tu partais au début avec moi. Quand on s’est séparées, j’étais déjà lancée dans le voyage et j’étais plus dans l’excitation que la peur.
Mais si tu n’étais pas partie avec moi au début, et vu que je ne parlais pas du tout espagnol, je pense que j’aurais pu flipper de pas réussir à créer des contacts et rester trop toute seule. Au final, j’ai vite vu que c’était pas vraiment un problème. »

Ton meilleur souvenir ?

« Difficile à dire tant j’ai fait des choses différentes pendant mon voyage. Je choisirais notre dernier lever de soleil de 2016 avec Anne Laure et toi, en Patagonie, à faire nos résolutions (qu’on a toutes tenues!) et à simplement profiter de ce moment unique toutes les trois devant des paysages sublimes. Ce nouvel an marquait aussi la fin de notre voyage ensemble et ça a été difficile de vous voir partir toutes les deux.
Je ne peux pas m’empêcher de rajouter dans son ensemble ma vie à Buenos Aires pendant 3 mois et demi. J’ai adoré chaque minute, chaque rencontre, chaque danse et chaque fëte dans la capitale argentine. »

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Tes plus grosses galères ?

« T’as voyagé avec moi et tu me poses cette question ? *rires*
J’ai eu un nombre de poisses et de galères indénombrables au point où on a surnommé ça « Les 10 plaies de Gaelle », mais on a large dépassé les dix je crois bien. Heureusement rien de grave à chaque fois. Perte de carte bancaire et autres objets, attaque de moustiques virulente, méchant coup de soleil… J’ai quand même flippé quand j’ai eu une infection de la gencive en pleine Bolivie et que le dentiste trouvé ne donnait pas du tout – mais PAS DU TOUT confiance. »

Ton effet « Wahou » ?

« La Patagonie argentine dans sa globalité et notamment le glacier Perito Moreno qui m’a bouleversé tellement c’était magique. »

T’es-tu sentie en danger en tant que femme voyageant seule ?

« Je ne me suis pas du tout sentie en insécurité dans tout le sud, que ce soit au Pérou, au Chili ou en Argentine pour les pays où je suis restée le plus longtemps.
Par contre un peu plus en Amérique centrale (Cuba et Colombie). Je me suis retrouvée deux ou trois fois dans des situations très inconfortables en tant que femme voyageant seule. Je pense que ce sont les points les plus négatifs de mon voyage. Après, je n’en suis pas sortie traumatisée non plus. Je pense qu’il est bon de préciser que j’ai une confiance aveugle en tout le monde et que du coup je suis parfois complètement inconsciente dans mes actions. Mais du coup ça m’a aussi appris à faire plus attention à moi.  »

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Moment le plus WTF ?

« Je suis partie une nuit avec un villageois de la forêt amazonienne côté Pérou et le guide du tour que nous faisions. On était juste censé pêcher du poisson chat pour le petit déjeuner mais ils ont décidé de partir sur les traces de pas d’un jaguar qu’on avait vu dans la journée. La décision a été prise après avoir fumé la majihuana locale la plus forte de toute ma vie – sinon c’est pas drôle.

Bon du coup me voilà avec le villageois et le guide armés d’une machette en train de chercher le jaguar (dans la nuit noire), patauger jusqu’au genou dans les marécages (« Attention aux crocodiles »), et à s’amuser avec un serpent venimeux (« il peut te tuer en une morsure ! » me dit joyeusement mon guide).

J’étais dans un autre monde pendant des heures. Encore aujourd’hui, je ne sais pas si ce que me montrait ensuite le guide était un poisson ou un crocodile. Je saurai jamais. On a quand même ramené du poisson- chat pour le petit déjeuner. Tout en allumant de temps en temps la lampe torche pour vérifier que le jaguar n’approche pas. TOUT VA BIEN ! »

Pourquoi avoir choisi de vivre à Barcelone ?

« Je suis tombée amoureuse de Buenos Aires, mais je ne suis pas prête à vivre aussi loin de la France. J’avais quand même envie de tenter l’aventure d’expatriée. Du coup je cherchais une ville dans le sud de l’Europe, où ça danse beaucoup et où il y a du soleil. Barcelone s’est imposée naturellement et je pense avoir bien choisi. Je l’avais visité pendant 2 jours trois ans auparavant, c’est tout. »

Tes projets ?

« Grand point d’interrogation. J’ai trouvé un job qui me plait pas trop mal pour l’instant donc je pense y rester ; demander d’ici quelques temps un temps partiel et essayer de vivre de l’une de mes deux passions à côté. J’ai un rythme de vie assez soutenu depuis que je suis ici entre le travail et les heures de danse quotidiennes, et peu de temps pour penser aux projets. »

Un mot pour résumer ton aventure

« Bouleversement.

Pour toutes les personnes, les paysages, les musiques et les danses qui m’ont bouleversé pendant 8 mois. Et pour la vie que je me traçais qui s’est trouvée complètement chamboulée. »

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Je vous invite à découvrir le talent de photographe de Gaëlle en visitant son site internet 🙂 –> https://www.gaellecourty.com/
Vous pourrez retrouver notamment certaines de ces photos dans quelques uns de mes articles concernant notre voyage en Amérique du sud.