Hadrien, ingénieur en stage à San Francisco

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Hadrien est un jeune étudiant français de 23 ans, expatrié en Suisse depuis presque 5 ans pour suivre une formation d’ingénieur en informatique à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL).
Il devait finir sa quatrième année par un stage de six mois. Bien que la majorité des stages proposés par le biais de son école se déroulent en Suisse, il a décidé de chercher par lui-même pour trouver quelque chose de « plus intéressant et surtout plus dépaysant ».
C’est ainsi qu’il s’est retrouvé à 22 ans à San Francisco en Californie, en plein cœur de la Silicon Valley, pendant 6 mois. Fraichement revenu en Suisse et après avoir pris un peu de recul sur cette expérience, il revient dessus avec nous.

 

Pourquoi as-tu choisi de partir faire ton stage à l’étranger ?

« Au bout de ma troisième année passée à étudier au même endroit j’ai senti le besoin d’aller explorer d’autres horizons. J’ai donc tout de suite cherché des opportunités à l’étranger lorsque j’ai du me mettre en quête d’un stage.
D’autant plus que plusieurs de mes amis étaient partis faire une année d’échange (type Ersasmus) en troisième année et que je les voyais profiter pendant que moi j’étais resté au même endroit, ça m’a bien motivé à partir !
Quand à pourquoi avoir choisi cette destination en particulier: La région de la baie de San Francisco est considérée comme la Mecque de l’informatique (c’est la fameuse Silicon Valley). Travailler là bas représente une chance inouïe de rencontrer les meilleurs dans le métier et de participer aux nombreux événements organisés par toutes les entreprises de pointe qui ont une présence là bas.
C’était donc pour moi l’occasion de faire d’une pierre deux coups: D’une part m’évader et d’autre part élargir mon horizon professionnel. »

Comment as-tu vécu cette expérience ?

« J’ai adoré cette expérience du début à la fin et je ne regrette rien. Malgré des débuts un peu difficiles, j’ai su trouver mes marques rapidement et me sentir chez moi. Les californiens sont des gens très ouverts et accueillants. J’ai tout de suite été intégré dans différents « cercles » sans avoir à forcer mon chemin. Se faire des amis là bas est très facile: Il suffit de se trouver un centre d’intérêt en commun et tu te retrouves invité à droite à gauche.
Malgré le fait que c’était un stage et donc que l’aspect « boulot » occupait une grande partie du séjour, j’ai pu profiter et visiter. Déjà, chaque week-end j’avais l’occasion de partir quelque part et visiter quelque chose. Ça pouvait aller de la simple visite d’un quartier de SF au gros road trip selon l’occasion et l’envie. Mais j’ai aussi profité de la période de grâce de mon visa (type J-1) qui offre 30 jours sur le territoire américain après la fin du stage.
Ma petite amie m’a rejoint quelques jours avant que je termine de travailler, juste assez de temps pour qu’elle se remettre du décalage horaire et qu’elle découvre rapidement la ville avant que nous nous lancions sur un road trip de deux semaines à travers la Californie (et même un bout de Nevada).
On a eu l’occasion de visiter Las Vegas, la région de Los Angeles, San Diego et quelques villes de la côte Pacifique. Faute de beau temps on a pas pu prendre la « Pacific coast highway », la plus belle route de Californie, mais heureusement je l’avais déjà faite lors d’une escapade d’un week-end. »
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Qu’est-ce que cette expérience t’as apporté ?

« Ce que ça m’a apporté ? J’ai l’impression de ressortir grandi de cet expérience, j’ai passé six mois inoubliables et je me suis fait des amis à l’autre bout du monde. Par dessus le tout j’ai pu faire tout ça en étant payé et en ajoutant une ligne intéressante sur mon CV. Tous les arguments sont du même côté de la balance dans cette histoire ! »

Meilleur moment ?

« Difficile à dire tellement il y a eu de meilleurs moments. L’un des moments les plus épiques est celui où je me suis retrouvé à partir en road trip de 1300km avec un type que j’avais rencontré la veille dans un skatepark.
Ça faisait quelque temps que je retrouvais un groupe d’amateurs de roller street chaque semaine et il allait bientôt se dérouler une compétition majeure à Los Angeles regroupant les plus grandes pointures mondiales dans le domaine.
J’ai donc demandé si quelqu’un avait une place de libre pour aller y assister et c’est là que je rencontre ce type complètement allumé mais super cool prénommé Matt qui cherchait justement quelqu’un pour partager la route. On est donc instantanément devenu potes et on est parti dans ce road trip le lendemain. Il m’a même invité à crécher chez des connaissances à lui sur place.
Spoiler: c’est un belge qui a remporté la coupe. »
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Plus grosse galère ?

« Ma plus grande galère fut sans aucun doute la recherche de logement dans les premières semaines. J’avais initialement réservé un lit hors de prix sur Airbnb pour une semaine et demi le temps de trouver un logement stable. Je partageais une chambre avec trois autres personnes (deux lits superposés), l’appart comprenait une deuxième chambre similaire. Il était clair que l’hôte avait cherché à caser le maximum de lits dans l’appartement et certains signes m’ont fait comprendre que toute cette opération était menée dans le plus grand secret à l’encontre du règlement de l’immeuble.
Enfin bref, malgré un rapport qualité/prix indécent, j’ai dû renouveler ce plan temporaire à deux reprises car mes recherches traînaient.
Un soir après m’être pris un lapin de la part d’un logeur potentiel, je me suis retrouvé à rentrer au BnB sans avoir reçu la confirmation du renouvellement de ma réservation. Oui, à San Francisco tu peux être ingénieur et SDF en même temps.
Le coût du logement est astronomique, chaque annonce postée est assaillie par des dizaines de candidatures, tous prêts à sacrifier père et mère pour obtenir le saint Graal et, pour ne pas faciliter les choses, plus d’une annonce sur deux est un scam.
Après une trentaine de mails envoyés et trois rencontres infructueuses (note le taux de retour…), j’ai finalement été recontacté par une personne qui proposait une chambre à un prix « abordable » ($1300) grace à sa situation géographique atypique [ https://travel.hmil.fr/2016/10/12/la-quete-du-logement/ ]
Au final j’ai eu énormément de chance car je suis tombé sur des colocataires très sympa qui sont devenus mes amis et le logement en lui-même était excellent. »

Qu’est-ce qui a changé pour toi depuis que tu es rentré ?

« Ma définition de « chez moi » à changé. Je me suis fait des amis à San Francisco et je sais que si je retournais là bas, je me sentirais à la maison, je connaîtrait les gens, les lieux…
Je pense avoir une capacité de débrouille plus importante et un sang froid accru face aux situations inconfortables (ex: Tu ne sais pas si tu as un toit sous lequel dormir ce soir mais tu reste calme et positif: Après tout il fait pas si froid la nuit). Je pense que l’esprit Californien a un peu déteint sur moi et que je vais plus facilement au contact des autres. « 

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Tes conseils pour ceux qui souhaiteraient faire un stage à l’étranger ?

« Donnez-vous les moyens d’y arriver et croyez-y. J’ai du sortir des sentiers battus pour obtenir ce stage car l’école n’en proposait que très peu à l’étranger. A moins que votre CV ne soit en béton armé il faut ruser pour obtenir ce genre de stages.
Commencez par contacter toutes vos connaissances à la recherche de pistes. Si vous connaissez quelqu’un qui connait quelqu’un qui est sur place, ça peut vous permettre d’obtenir des adresses.
Ensuite, en fonction de votre branche, vous voudrez chercher des entreprises peu connues pour lesquelles la concurrence est moindre. Ce point est bien trop souvent négligé mais il peut faire 90% du travail.
Dans mon cas, l’entreprise était en pleine phase d’expansion et bien que leur programme de stages commençait à être rodé, ils n’avaient encore jamais pris de stagiaires étrangers. Je suis donc arrivé au bon moment pour leur permettre d’expérimenter.
Le fait que vous soyez international est à double tranchant: D’une part cela démontre votre motivation mais d’autre part cela rend la tâche de vous embaucher plus difficile pour l’entreprise. A vous de soigner votre candidature pour prouver que le premier point surpasse le deuxième. »

Quels sont tes perspectives d’avenir et prochains projets ?

« Mes perspectives d’avenir sont encore incertaines mais j’envisage de repartir là bas comme une option viable. En revanche je ne pense pas être en mesure de retrouver une telle ambiance sur le lieu de travail en France, et la scène des nouvelles technologies est loin d’être aussi excitante qu’en Californie ou même que d’autres hubs d’innovation européens.
Donc hormis un à priori négatif sur mon pays natal, je reste ouvert et à l’affût de la prochaine opportunité, où qu’elle se trouve ! »

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Un mot pour résumer ton aventure :

« Fantastique. »
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Si son histoire vous intéresse ou que vous voulez en savoir plus sur cette expérience, n’hésitez pas à aller faire un petit tour sur son blog 🙂 :
https://travel.hmil.fr