Le dico franco-québécois

drapeaufrance_quebec

Le voici le voilà, vous l’attendiez avec impatience, voici le petit dico Franco-québécois !

Parce qu’on dit souvent des québécois qu’ils sont nos « cousins du Québec » alors que pas du tout ! Parce qu’on ne s’attend pas forcément à notre arrivée ici à une telle difficulté à communiquer. Et parce que le québecois, dites-le vous bien, n’a rien à voir avec le français ! Mais qu’on les adore malgré tout, eux et leurs expressions, leur accent, et leur sourire qui va avec !
Alors voici un florilège des expressions typiques de la Belle Province que l’on a parfois bien du mal à comprendre, mais que l’on aime tant ! Chaque semaine, retrouvez dans cet article 10 nouveaux mots et expressions, de quoi améliorer votre compréhension et vous faire passer pour un local incognito, alors ne loupez pas le rendez-vous québécois hebdomadaire ! 😉

 

Leçon n°6

Pogner : Si j’ai tardé à faire apparaître ce mot dans ce dico, c’est bien parce qu’il m’a fallu du temps pour en comprendre toutes les significations… et elles sont nombreuses !! Ce verbe est un véritable passe partout. Il peut aussi bien vouloir dire « prendre/ saisir/ attraper », que « recevoir », « séduire », « surprendre », « comprendre » etc…
Ainsi voici quelques exemples d’usage :
« Il a pogné son train de justesse. »
« J’ai pogné une contravention en revenant de la cour. »
« Je ne comprends pas pourquoi, mais il pogne avec femmes. »
« Ils sont comme chien et chat, ils se pognent chaque fois qu’ils se croisent. »
« J’ai encore pogné la grippe cette année. »

« C’est correct » / « J’suis correct » : A prononcer « correc’ « . Expression très couramment utilisée pour dire que « c’est bon », « c’est ok » ou encore « ça va ».

Chialer : Au Québec, chialer veut dire se plaindre. Un chialage désigne l’action de s’apitoyer sur son sort. Un chialieux désigne une personne qui a tendance à se plaindre.

C’est poche ! : Expression pour dire « C’est nul/mauvais ». Ce mot peut aussi s’employer comme adjectif comme par exemple pour se critiquer soi-même : « Je suis encore arrivé le dernier de la course, je suis poche ! »

Bibitte/ bebitte : Insecte, petite bestiole.

« J’ai pas le goût » : Ne pas avoir envie de faire quelque chose..

« J’suis pas capable » : Expression assez drôle pour dire qu’on ne se sent pas de le faire ou qu’on en a pas envie, qu’on se sent fatigué, incapable de faire quelque chose…

« J’ai de la misère » : « J’ai du mal » à faire quelque chose..

C’est plate : Plate est synonyme de « dommage », « regrettable » ou « ennuyant » : « Osti que ce film est plate ! »

L’échapper : Lorsque l’on fait tomber quelque chose par terre. « Attention tu as échappé tes clés ».

 

Leçon n°5 – ♩ « Tout, tout, tout vous saurez tout sur le zizi » ♫

Cette semaine, puisque le dico a été absent depuis un moment, je vous propose de me rattraper en vous offrant une leçon particulière…ment sexy !

Dater : Comme de nombreux mots dans le vocabulaire québécois, « dater » est un anglicisme qui signifie que l’on a un rencard, que l’on voit quelqu’un. De même, quand on parle de sa « date », on parle de la personne qu’il/elle fréquente. 

Frencher : Il en est de même pour celui-ci. Frencher est le verbe qui veut dire embrasser à la manière française, soit du « french kiss », avec la langue donc !

Tomber en amour : Tout simplement, tomber amoureux… ♥

Les bobettes : Il s’agit des sous-vêtements, et plus encore spécifiquement des sous-vêtements inférieurs tels que les culottes et caleçons.

Les gosses : Attention avec celui-là. Ne demandez pas à un québécois combien de gosses il a. Car contrairement à chez nous où cela désigne les enfants, ici, les gosses désignent les testicules… On risquerait donc de vous regarder de travers !

T’es hot : Parce qu’ici oui, ne soyez pas choquée si l’on vous sors un franc et direct « t’es hot » en pleine figure les yeux dans les yeux. Contrairement à chez nous où cela serait plutôt mal vu (comprenez « t’es chaude »), ici, c’est une expression normale pour dire que l’on trouve la personne belle ou charmante.

Les foufounes : Non, une fois encore, ne vous méprenez pas. Foufounes = Fesses. Quels coquins ces québécois !

Les totons ou boules : Désignent tous deux les seins d’une femme.

Plotte ou Noune : Sans passer par quatre chemin, le vagin.

Bizoune : Idem, le pénis.

Le crac de fesses : Je trouve celui-ci particulièrement drôle. Il s’agit par cette appellation de la fente qui sépare les fesses.

Le salon de l’amour et de la séduction : Hé oui parce qu’ici, au Québéc, on ne va pas au Salon de l’érotisme mais au Salon de l’Amour et de la Séduction… avouez que ça sonne tout de suite plus classe ! 😉

Leçon n°4 – Le meilleur des insultes québécoises :

Les jurons et insultes font partie intégrante du lexique québécois. Ils sont pour la plupart le témoignage de l’héritage d’une religion catholique qui fût très présente au Québec et qui a laissé une influence considérable sur sa société.
Et si pour nous ils paraissent obsolètes ou absurdes et qu’ils nous font beaucoup rire, sachez que ce sont cependant des termes très forts et insultants !
Voici un florilège des jurons les plus populaires.
Personnellement, je ne suis pas sûre d’avoir bien peur si je me retrouvais en face d’un québécois en colère… qu’en pensez-vous ? ^^

Christ (prononcé « Crisse ») !

Câlice !

Ostie ! Dérivé : Estie, Astie

Tabarnak !

Calvaire !

Diable (prononcé « Yable ») !

Maudit !

Vierge (Prononcé « Viarge ») !

Bon dieu !  Variante « Bonyeu d’marde ! »

Sacrament !

Utilisés principalement comme interjections pour ponctuer les phrases, ces jurons magiques peuvent prendre toute sorte de tournures différentes et étonnantes. Voyez par vous-même:

Comme nom :
« L’estie, il m’a fourré ! » ; « Viens icitte mon Tabarnak ! » ; « Ça sent le criss ! » (ça chlingue)

Comme verbe :
« Je vais te crisser un volée si tu continue ! » (Je vais t’en mettre une) ; « Elle a tout décâlissé mon char ! » (elle a démoli ma voiture)

Comme adverbe :
« ça sent crissement bon ! »

Comme adjectif :
« Un ciboire de ticket » (une putain de contravention) ; « C’est une crisse de folie ! »

Suivi de « en » pour marquer un état d’âme ou une manière de faire :
« Y’était en beau calvaire ! » (Il était fâché) ; « Y’est en maudit ! » (Il est fâché)
Vous êtes arrivés jusque là à supporter tant de violence ? Alors voici un concentré des meilleurs sacrement typiquement québécois qui nous font tant rire :

« J’m’en câlisse » (J’m’en fou)
« J’m’en contre crisse »  (J’m’en contre fou)
 » J’en ai mon baptême !  » (Je n’en peux plus !)
 » Je m’en contre saint-ciboirise  » (Je m’en fous éperdument)
 » Quossé tu crisse ?  » (qu’est-ce que tu fabriques ?)
 » Vas-t’en chez l’yable !  » (Va te faire f***)
 » Maudit niaiseux !  » (espèce d’imbécile)
 » Ostie qu’c’est plate !  » (c’est tellement ennuyeux)
 » Fais-moi ça au plus sacrant !  » (dans les plus brefs délais)
 » Bout d’Viarge !  » (Pu** j’en ai assez)

Bon, allez, finissons-en là (promis j’arrête) avec un exemple de ce que peut donner un québécois très, mais alors TRÈS énervé … 😉 :
« Câlisse de crisse »
« Ostie de câlice de tabarnak »
« Câlice d’esti de calvaire de tabarnak d’ostie d’ciboire de sainte-viarge ! »

Leçon n°3

Le char :  Aussi surprenante que soit cette expression, elle est encore belle et bien utilisée ici au Québec pour désigner la voiture, aussi appelée « l’auto« . « Où t’as-tu mis ton char ? »

« Parquer » son char dans un « stationnement » : Parce que les québécois eux, ne se garent pas dans un parking.

La job : Emprunté de l’anglais pour désigner l’emploi, le type de travail que l’on fait.

L’ouvrage : Désigne le travail dans le sens « avoir de l’ouvrage » -> « avoir du travail ». « On ira le chercher après son ouvrage ».

Au gym : Le gym désigne la salle de sport, une activité très prisée des Québécois qui en sont accros !

Eux-autres/ Vous-autres/ Nous-autres : Va savoir pourquoi, les québécois ont besoin de se compliquer la vie avec des formulations à rallonge… Pour être plus précis qu’ils disent. En général, ces groupes de mots sont utilisés lorsque l’on parle d’un groupe de personnes dont on connait l’identité dans la conversation. « Nous-autres on a la poutine tandis que vous-autres, vous avez la tartiflette » Dans la conversation, on comprendra qu’il s’agit des québécois VS les français.

« T’es comme » : Expression typique empruntée de l’anglais « You’re like.. » pour faire une comparaison ou appuyer sur l’état dans lequel on se trouve. « J’t’ais (j’étais) comme perdue là ! J’vous voyais pas ! »

« Ça à pas rapport  » : Ça n’a rien à voir. A noter également la variante : « ça fait pas de sens » -> Ce n’est pas logique.

Un itinérant : Un sans abris. Un clochard.

« Voyons donc !  » : Ponctuation courante pour exprimer à la fois le doute, l’étonnement ou encore l’indignation.

Leçon n°2

L’épicerie :  Outre son sens habituel, l’épicerie désigne aussi bien le marché que les magasins alimentaires.

Le déjeuner / le dîner / le souper : Alors là attention, gros risque de confusion. Faites attention si vous êtes invité à dîner, ne sortez pas tout de suite la tenue de soirée ! Car ici on prend son déjeuner au réveil, son dîner à midi et le souper le soir !

Les pets de sœurs : Dessert traditionnel québécois en forme de brioche à base de pâte recouverte de cassonade et cuite au four. Je ne vous cache pas que je suis allée voir sur wikipédia pour connaître l’origine de l’appellation de cette pâtisserie. Cela viendrait donc « des inconforts intestinaux subis suite à l’ingestion de la pâtisserie. Néanmoins, celles-ci (les sœurs) persistaient à en préparer en abondance dans les presbytères, propageant une épidémie de flatulences ».

Le joyeux festin : C’est en allant au McDonald’s que vous commanderez un Joyeux Festin à votre enfant. Encore une fois, il s’agit de la traduction du terme anglais Happy Meal soit le menu enfant de la chaîne de fast food.

PFK : Au Québec, on ne va pas manger au KFC (Kentucky Fried Chicken) mais au PFK (Poulet Frit du Kentucky).

Être bourré : À la différence de chez nous, être bourré(e) au Québec ne signifie pas être ivre mais être plein à craqué après manger, au sens propre du terme.

« Tu peux-tu venir ? » / « Tu veux-tu faire ? » : Est-ce qu’une traduction est vraiment nécessaire ? « Veux-tu faire ? » / « tu veux faire ? », nos amis n’ont pas voulu s’embarrasser à choisir entre les deux formulations, alors ils en ont fait un mix, tout simplement !

« On s’en vient  » : On arrive. On vient.

« Être rendu quelque part » : Être allé ou arrivé quelque part.

« Se rencontrer » : Se rejoindre. « On peut se rencontrer devant la pharmacie ».

Leçon n°1

Cheum : Attention, peut s’utiliser de deux manières. Désigne soit le « petit copain » –> « Mon cheum », soit les amis –> « Mes cheums »

La blonde : La petite-amie.

La gang : Tout simplement, la bande. Le groupe de potes.

La fin de semaine : Littéralement traduit de l’anglais, le week end.

La Poutine : Ah la fameuse ! Ce plat national emblématique du Québec constitué à l’origine de frites et de fromage en grain (cheddar frais), le tout recouvert d’une sauce brune dont la recette reste à ce jour secrète… de nombreuses variantes existent cependant, en y ajoutant divers ingrédients tels que par exemple de la viande ou différents fromages…

Magasiner : Faire du shopping ou les magasins.

« C’est cochon » : Se dit de quelque chose de bien bon mais gras ! La Poutine, c’est cochon !

« C’est pas pire » : Pas mal, pas mauvais, dans le sens « c’est bien ». Variante « C’est pas SI pire » : Pas trop mal, dans le sens passable….

« C’est le fun ! » : C’est drôle, c’est cool.

« Le monde il fait/pense… » : « Les gens font/pensent… »