Manille… débarquement dans un autre monde.

BWAAAARRFFFF. Ce que j’appelle « l’effet Bwaarf » est là. Vous savez, lorsque vous êtes tellement soufflé par ce que vous voyez ou vivez, que vous n’avez même plus de mot. Vous vivez juste quelque chose de tellement fort, que c’est comme si vous vous preniez une gifle en pleine figure. Vous n’y comprenez rien, vous êtes stupéfait. Et bien c’est ce qu’il s’est passé lorsque je suis arrivée à Manille.
Choc culturel : Done ✅.

J’arrive à l’aéroport de Manille le mardi soir. Avec deux français rencontrés dans la file du taxi, on partage le véhicule jusqu’à nos hôtels. Le mien est plutôt sympa. Le Pink Manila. Tout en rose, rooftop avec piscine et bar, et douches froides again.

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Le premier jour, je souhaite visiter un peu la ville et me procurer une carte sim afin de pouvoir accéder un peu à internet et aux maps pour me repérer. Toute une histoire ! Qui m’a pris la journée. Tout prend plus de temps ici, pour me faire comprendre, pour comprendre ce qu’on me raconte, aller au bon endroit en suivant les indications des passants et conducteurs de tuk tuk, etc…
Les réceptionnistes de l’hostel ne donnent pas beaucoup d’infos quant à la ville, pas de plans, pas de réelles indications, ici, c’est à la débrouille !

Je ne sors donc que dans le quartier dans un premier temps, afin de trouver la dite carte sim.
Et là, c’est le choc. Je me retrouve propulsée dans un autre monde, au cœur de Manille et de son bordel, de sa pauvreté, de son insalubrité. Même en s’y préparant mentalement, on ne peut pas être vraiment prêt pour ça. Impossible de ne pas vivre le choc.
A savoir, Manille est la deuxième ville la plus densément peuplée au monde. Et ça se ressent.

Je me retrouve à errer dans les rues grouillantes, bruyantes, polluées ou tout le monde me dévisage car je suis la seule touriste à 10 bornes à la ronde. Tous les taxis me klaxonnent, tous les tricycles (ces motos ou vélos équipés d’un genre de side-car qui peuvent prendre des gens et font les taxis, pour moins cher) me crient « my friend ! ».

Ici il y a des trottoirs mais je me demande pourquoi, si ce n’est pour permettre aux gens d’y installer des stands de street food ou des étalages de fruits, légumes et tout ce qu’on veut d’autre. On peut voir des enfants gérer ces stands. Les piétons marchent donc sur la route, se frôlant aux voitures, se frayant un chemin pour traverser la rue tant bien que mal entre les voitures, taxis, motos et autres Jeepneys qui ne s’arrêtent pas. C’est la loi de la jungle ici.
Les jeepneys, il y en a des tonnes ! Ces anciennes jeeps de l’armée customisées après la seconde guerre mondiale pour en faire des véhicules publics. C’est le moyen de transport majeur maintenant dans la ville. Impossible de savoir comment ça marche ni où elles vont, si l’on n’est pas du coin.

Dans les rues plus calmes il y a des chats errants anorexiques, des poulets en laisse, les gens vivent dehors, sur le trottoir. Certains d’entre eux littéralement, gisant sur le sol pour dormir.
Il y a des officiels partout, dans les rues, mais aussi et surtout dans les supermarchés, restaurants, centres commerciaux, stations de métro. Avec parfois même les portiques de contrôle comme aux aéroports, fouille de sac avant d’entrer et en sortant… c’est dingue.

Je me sens oppressée dans cette ville. Complètement écrasée, perdue, seule, et dévisagée. D’autant plus que n’ayant pas d’internet, il est difficile de se repérer et de s’orienter sans plans ni google maps !! Si bien que je finis par me perdre dans le quartier, tournant en rond pour retrouver l’hostel. Après une petite panique, je parviens quand même à le retrouver je ne sais comment.
En marchant dans la rue, je tombe au milieu d’une bande d’enfants qui me regardent en rigolant et me suivent en « m’admirant », tout curieux de voir une blanche dans les parages. Les fillettes me lancent des « beautiful girl » choux à tomber par terre.

J’ai enfin acheté ma carte sim. Il me reste à trouver comment la charger. Je comprends que je vais devoir retourner en ville affronter ce foutoir. C’est reparti. Je passe par tous les buits buits de coin de rue vendant des cartes sim mais impossible de comprendre comment recharger le forfait. Je finis par me faire embarquer par un tuk tuk qui m’emmène au centre commercial où il y a une vraie boutique de l’opérateur. Et me charge 10 fois le prix normal !!
Première arnaque de tuk tuk. No worries, il fallait bien que ça m’arrive. Je suis avisée pour la suite maintenant.
Je finis par obtenir ce que je veux. Mais je me rends compte que les formules téléphoniques sont chères ici. J’arrive quand même à force de persévérance à obtenir une formule vraiment cheap.

Pour rentrer, je prends un deuxième tuk tuk et ne me laisse pas faire cette fois. Encore une fois, j’ai peur de mourir tous les deux mètres pendant le trajet.
Un gamin saute dans le tuk tuk en même temps que moi. Julian, trop choux. Il s’agit en fait du fils du jeune driver. Tout crasseux, habillé de vieilles fripes et de chaussures trouées, il tousse à en cracher ses poumons pendant tout le trajet et me touche droit au cœur.

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Je voulais faire une ou deux excursions dans le coin de Manille pour grimper un volcan par exemple. Mais comme tout est plus compliqué à organiser ici, j’ai laissé tomber. Ça me serait revenu beaucoup trop cher en étant seule. Je préfère alors partir directement dans le nord de l’ile pour aller voir les rizières.

Ce premier soir aux Philippines je ne me sens pas très bien. Gros coup de blues même. Je me sens horriblement seule et perdue, pas à l’aise, presque à me demander ce que je fais là. Je n’ai plus l’habitude d’être seule, ça me fait super bizarre, après un an à avoir été toujours entourée en Australie même en voyageant en solo. Je me retrouve là à devoir affronter ça seule. Il s’agit de ma première fois en Asie, et c’est dur. J’aimerais être avec quelqu’un pour partager ça.

 

Mais le lendemain la roue tourne et je rencontre Nicolas (je ne suis pas bien sûre de l’orthographe), une Néo-zélandaise de l’hostel qui souhaite aussi partir voir les rizières. Ensemble, on brave à nouveau la folie de la ville pour aller nous acheter nos tickets de bus pour le soir-même. Toute une expédition qui nous aura pris plusieurs heures !

Et là, j’ai bien l’impression que l’on passe par les pires quartiers de Manille. Les plus pauvres, les plus délabrés, les plus fous. On prend le métro (tests de détection de drogue dans les sacs à l’entrée), puis on marche, à travers certains quartiers où l’on ne se sent pas très à l’aise. C’est le guétto ici. Véritablement.
En passant dans les marchés de rues sous les ponts du métro, on peut y trouver des stands où l’on peut se procurer toute sorte de cartes d’identités et documents officiels falsifiés tels que des extraits de naissance, actes de mariage, passeports et j’en passe et des meilleurs. Tout cela n’est clairement pas caché des yeux des autorités. Il y a même des officiels se tenant à quelques mètres de là. Complètement fou je vous disais.

Sur le chemin du retour, je m’essaie pour la première fois à la street food, et partant d’une bonne intention en pensant prendre des haricots verts pour un repas sain, je me retrouve en fait avec une assiette de piments verts et choses non identifiées…

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Puis, on prend finalement une jeepney !!
Une fille dedans nous explique le fonctionnement. C’est vraiment le moyen de transport le moins cher. 7 pesos le trajet, soit 13 centimes d’euros ! Mais cette fille ainsi qu’un autre homme nous avertissent en nous conseillant d’être très prudentes ici et de bien cacher nos affaires de valeur.

Je n’aime clairement pas cette ville et je suis contente de m’y attarder le moins possible !
Le soir-même, nous sommes dans le bus en direction de Banaue et ses rizières.