Kununurra, la chance nous sourit

Voilà maintenant au jour où nous vous écrivons presque deux mois que nous sommes à Kununurra. « Mais pourquoi s’enterrent-ils encore dans un trou paumé » allez-vous me dire ?!
Au début, nous avions prévu de faire le roadtrip jusqu’à Darwin en passant par quelques points clés comme Kununurra, Katherine et les alentours de Darwin, afin d’y rechercher du travail pour quelques temps. Car Mika n’a pas pu mettre beaucoup de côté à Carnarvon, rapport à la précarité de ses emplois, ainsi qu’aux paies qui n’étaient pas formidables.
De plus, nous devions tous les deux finir nos 88 jours de farmwork, afin de pouvoir un jour prétendre au second visa.
Enfin, nous devions retravailler un peu si nous voulions être large niveau argent pour finir l’aventure et envisager une suite au voyage (en Asie).


Côté boulot :

Nous sommes donc arrivés à Kununurra au début du mois de septembre, après trois semaines de roadtrip. Nos amis Roxane et Antoine sont restés avec nous trois jours avant de continuer leur trip. Pour nous, cette ville est devenue une ville étape puisqu’on y a tous les deux rapidement trouvé du travail.

Contrairement à Carnarvon, ici, pour trouver du travail en fermes, il ne s’agit pas seulement d’aller se présenter aux fermiers en leur demandant s’ils ont besoin de quelqu’un. Il faut passer par le Jobshop, qui est une sorte d’agence d’intérim spécialisée pour les backpackers. L’agence fait l’intermédiaire entre les fermes et la main d’œuvre : nous.
On y est allés sans grands espoirs, car nous nous disions que nous ne devions pas être les seuls à vouloir du boulot, et que ce serait encore plus la galère qu’en allant voir par nous-même dans les fermes comme à Carnarvon.
De plus, les conseillers du Jobshop ne nous ont qu’à moitié rassurés. Ils nous ont confirmé que la liste d’attente était longue, et nous ont expliqué qu’en plus de ça, nous étions pile dans une période creuse pour le farmwork ici.
Mais pour ne pas totalement nous décourager non plus, ils nous ont assurés qu’ils n’avaient pas une politique du « premier arrivé, premier servi » et que beaucoup de facteurs influencent l’obtention d’un travail. Comme d’avoir une voiture, avoir de l’expérience, être en couple ou seul, avoir un bon niveau d’anglais. L’employée nous flattant sur ce dernier point, nous avions donc tous les facteurs en notre faveur.

Nous nous étions fixés une semaine de recherche, après quoi, sans aucune touche, nous aurions continué le roadtrip en direction de la prochaine étape travail.
Hors dès le lendemain matin de notre inscription au Jobshop, je reçois un coup de fil de ce dernier, me proposant une mission de 3 jours dans une ferme pour du triage de haricots verts.

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Là-bas, je me retrouve avec un couple rencontré deux fois durant le roadtrip, et que nous avions revus en arrivant en ville le deuxième jour au visitor center. Charlotte, française, et Giovani, italien, qui se revendiquent belges puisqu’ils y ont habités plusieurs années et se sont rencontrés là-bas. Nous les appelons donc, les (faux) Belges.
Le travail, qui parait simple en apparence, se révèle être une vraie torture. Si bien que j’ai failli abandonner dès le premier jour, prise de nausées et de vertiges.
Nous sommes dans un shed (entrepôt), où il fait très chaud, debout pendant 10 heures. Nous sommes face à une énorme et bruyante machine sur laquelle défilent par millions les haricots verts que nous devons trier. Dans la même position, à faire les mêmes mouvements, la tête penchée sur le tapis roulant. Ce travail donne véritablement la nausée, et des étourdissements. Malgré la difficulté, je m’accroche jusqu’à la fin des trois jours.
Mika prendra le relais pour une mission de trois jours également en commençant à y bosser le jour après mon départ. Mais en packing, c’est-à-dire qu’il met en carton les haricots. Pour lui c’est la détente, comparé à tous ses précédents jobs.

Pour ma part, je reste un jour au « chômage » avant d’être recontactée et de commencer une nouvelle mission dès le lendemain ! Il s’agit d’une ferme de Sandalwoods (Bois de santal).
L’entreprise est très réputée, paye très bien, et est convoitée de tous les backpackers du coin.
Je reste finalement plus d’un mois dans cette boite, à me lever à 4h30 tous les matins, mais à avoir mes weeks ends, une bonne paye, et un boulot pas trop physique ou compliqué.

(Travailler dans le Bush, une grande première pour moi)

Pendant ce temps-là, Mika obtient une autre mission de picking (ramassage) de potirons et melons. Il se retrouve une fois de plus avec Giovanni. Et ils en chient… le travail est très physique en plus d’avoir une cadence très intense. Cependant, au bout de deux semaines et demie, la mission s’arrête.

A ce moment-là, j’en profite pour donner à Mika mon job aux sandalwoods, en échangeant ma place avec lui. Ceci afin qu’il profite d’une sécurité d’emploi sur du long terme, lui assurant d’obtenir tous ses jours de ferme pour le second visa ainsi qu’un bon salaire pour qu’il rattrape un peu son retard d’économies. Giovanni ne tarde pas à le rejoindre encore une fois.
Je suis donc à présent à la recherche d’un autre boulot temporaire le temps de quitter la ville.

Petit aparté michaellesque.

Bien que Théodora trouve globalement bien plus rapidement du travail que moi depuis notre arrivée en Australie, c’est vrai que Kununurra m’aura quand même sourit davantage que Carnarvon, et heureusement ! Après quelques jours à travailler dans un entrepôt à packer des haricots verts de toute beauté, le téléphone a sonné durant le weekend pour une nouvelle mission. Pas trop de précisions par téléphone, juste l’essentiel : début de mission le lendemain à 5 heures du mat, easy !

C’est donc à ce moment que j’entre, en compagnie de Giovanni, à BothKamp. Un français et un italien qui entrent dans un camp tenu par des allemands… Hum, laissez-moi réfléchir… Ça ne vous rappelle rien?
Une fois le second degré (certainement de mauvais goût pour certains) écarté, nous avons sincèrement vécu nos deux pires semaines de travail à picker des melons et petits potirons. Le travail consistait à couper le légume de son pied (à l’aide d’une pince ou d’un couteau) pour ensuite le déposer dans des bins (de grandes caisses en plastique), le tout au rythme du tracteur et pendant 8, 9 ou 10 heures par jour (5 ou 6 jours par semaine).

Heureusement, nous avons été libérés du camp (sans l’aide d’alliers) après un peu plus de deux semaines de bons et loyaux services puisque la saison touchait à sa fin.

C’est donc ensuite, dans la foulée, que Théodora m’a fait rentrer chez TFS (n°1 mondial du bois de Santal). J’ai tout d’abord pensé rentrer au Club Med : travail humain, bonne ambiance et paie plus que correcte. Mais c’était sans compter sur cette poisse que je ne cesse de trainer. Notre superviseur a été remplacé par un tyran dès les premiers jours et j’ai coché une mauvaise case sur mon contrat.

Ce qui fait que :

  • Nous travaillons comme des esclaves, avec obligation de « rendement » et contrôles réguliers de la qualité de notre travail. Pression maximum.
  • Nous sommes désignés par des chiffres qui correspondent aux lignes sur lesquelles nous travaillons (pour moi, c’est le 4).
  • L’ambiance est forcément tendue et insupportable. En plus de la pénibilité du travail et de la chaleur actuelle, ça n’aide pas.
  • Puisqu’ici les impôts sont prélevés à la source, ma connerie entraine une perte d’environ 150$ par semaine. Une somme que je pourrai récupérer à la fin de mon VISA mais dont je ne pourrai pas disposer pour la suite du roadtrip ! (Quel con, franchement)

Pour en revenir à ce travail, Giovanni m’a rejoint là-bas (ce qui m’aide à survivre). Nous faisons du « pruning ». C’est-à-dire que nous coupons les jeunes branches et pousses qui empêcheraient le « main trunk » de pousser correctement et de se développer rapidement. Pour cela nous avons tous à disposition une grande pince et une petite scie, et nous coupons encore et encore à longueur de journée.

Côté vie perso :

A côté de cela, la vie à Kununurra se passe bien. C’est une région bien plus animée que Carnarvon, et offrant plus de choses à faire. Nous sommes par exemple allés passer un week end au Lake Argyle non loin de là avec Charlotte et Giovanni.

Nous allons de temps en temps profiter du soleil à Swim Beach ou au Parc des Célébrités, faire une dégustation de rhum à la Rhumerie, nous sommes aussi allés dire bonjour aux Wallabies et nourrir les bébés du refuge aux wallabies de la ville.
Nous avons aussi eu la visite de plusieurs amis de Carnarvon faisant étape quelques jours ici durant leur roadtrip vers le nord.

Les Bushparties et autres soirées rythment nos soirées. Nous avons liés d’amitié avec nos collègues et quelques personnes du caravan park où nous avons élus domicile. Avec qui nous passons du bon temps, des week end pêche et camping, etc…


Enfin, depuis une semaine maintenant, nous avons déménagé avec Charlotte et Giovanni pour emménager dans un grand bungalow au caravan park du centre-ville. Nous sommes 8 personnes dedans, c’est un peu comme une sharehouse où nous payons quasiment le même prix qu’au caravan park. Sauf que là, nous avons la clim’ et un vrai appart !
En tous cas, restez connectés,

Les choses vont bouger à nouveau dans les prochains jours ! 🙂
Bise les coquinous.

PS: Rassurez-vous, comme vous pouvez le voir, Mika s’est fait couper les cheveux !
(Il était temps)

Mika et Théo.