De Derby à Kununurra, rencontre en terres aborigènes.

Dernière partie de ce road trip toujours en compagnie de Roxane et Antoine.
Ce fût un long chemin (800km) pour arriver à Kununurra en passant par la route principale qui contourne les Kimberleys. Elle oblige à faire un petit détour et n’offre pas grand-chose à visiter au passage. Nous avons donc tracé directement vers Kununurra en faisant tout de même un petit crochet par Wyndham.


Nous nous sommes juste arrêtés dans les deux villes qui sont sur la route pour y faire le plein, deux trois courses, et les pauses déjeuner.
Nous avons alors pu constater la forte population aborigène de ces lieux, à hauteur de 80% ou dans ces eaux-là… (Intervention de Mika : Bullshit, elle n’en sait rien).
C’est la première fois depuis que nous sommes en Australie que nous sommes confrontés à une telle communauté. L’atmosphère ressentie est quelque peu étrange, peut-être parce que nous ne sommes pas encore familiers à cela, ou peut-être à cause des regards que les aborigènes ont souvent sur nous. Mais c’est du moins personnellement la première fois que je me sens chez les « vrais australiens » depuis que nous sommes dans le pays.
Pour la petite histoire, il faut savoir qu’en Australie le clivage entre aborigènes et blancs est très marqué. Il existe un racisme encore fortement persistant malgré les années qui nous séparent des temps de colonisation de ce continent, où les aborigènes ont beaucoup souffert de la violence des blancs. Malgré les années, ainsi que les efforts du gouvernement pour atténuer ce clivage, l’ambiance générale n’apporte pas un très bon ressenti en tant que touriste.

Mais revenons-en à notre voyage.
Ce que nous avons oublié de vous dire, c’est que depuis que nous avons dépassé Karijini et atteint Broome, il fait chaud, très chaud. De l’ordre des 35°C tous les jours, et quasiment autant le soir.
Avant d’arriver à Wyndham, nous nous sommes arrêtés à The Grotto, une piscine naturelle dans une petite gorge, pour y passer une après-midi tranquille à l’ombre des roches.

Wyndham, nous y allions pour prendre une photo de la mythique statue géante de crocodile à l’entrée de la ville, ainsi que pour grimper au point de vue sur les 5 rivières. Ici, nous avons atteint le record de température, avec un pic à 38°C à l’ombre. Et ce n’était que le début. Nous qui voulions du soleil et de la chaleur en Australie, nous étions servis !


Lorsque nous sommes allés prendre la photo avec la statue, un homme aborigène nous a interpellé et invité à découvrir son art, une sculpture sur noix de baobab. Il nous a abordé avec son fruit comme on nous aborde au sacré cœur avec des parapluies un jour pluvieux, sauf qu’il paraissait plus touchant (Mika n’approuve pas cette phrase incohérente).
Peu sûr de lui et l’air assez timide, il nous a montré comment il procédait en s’asseyant dans le passage de la petite place, et en nous racontant ce que les gravures signifiaient. Il nous explique alors que ce travail lui prend plusieurs heures, à l’aide d’un simple couteau de cuisine à bout rond, et qu’il en vend souvent aux touristes en se postant ici, à l’endroit stratégique de la ville. Cela lui permet de faire rentrer un peu d’argent, grâce à son savoir-faire et ses compétences acquises avec son père, contrairement à bon nombre de ses semblables qui comptent sur les aides de l’état pour se faire vivre. Sa nièce se joint à nous, curieuse, et nous observe d’un air malicieux.
Ce fût une rencontre touchante. La rencontre que j’attendais dans ce pays, avec un australien pure souche, un descendant de ceux qui ont peuplés ces terres Australiennes depuis toujours. Une rencontre avec un homme ouvert et aimable, qui a changé notre vision de cette population, que nous avions forgée depuis six mois. J’aurais aimé qu’elle dure plus longtemps et pouvoir discuter davantage avec cet homme, afin d’en apprendre plus sur sa culture. Je lui ai acheté son œuvre que je garderai comme un authentique souvenir.
On en trouve d’ailleurs plein dans le nord du pays, en vente dans les visitor centers ou autres lieux touristiques, mais ils sont souvent très chers, et on n’a pas toute l’histoire qui va avec !

Nous sommes ensuite allés au point du vue où nous en avons profité pour pic niquer devant une superbe « scenery » comme ils disent. Au sommet des monts qui bordent la ville, nous avions vue comme son nom l’indique sur les cinq rivières qui se rejoignent à l’embranchement donnant sur l’océan plus loin.
Bobby a un peu brouté pour monter cette colline mais finalement, il l’a fait ! Sans surchauffer !! Un vrai chef ! Et le spectacle en valait la peine.

Enfin, nous sommes repartis pour arriver à notre prochaine destination : Kununurra.

Théo & Mika.