Carnarvon, vis ma vie de romanichel

Hello la compagnie !

Nous voici de retour en direct de Carnarvon, cette fantastique mégalopole luxuriante et vivante…… Non je déconne. Carnarvon c’est la mort. 6 000 habitants, 170 fermes, 4 millions de mouches, une poste, un magasin, un supermarché, un café et une zone industrielle/commerciale. Plus quelques caravan parks. Plus une âme qui vive après 14h30. Du vent à claquer des dents garanti chaque après-midi. De quoi faire rêver non ?

Pour vous mettre dans l’ambiance, nous sommes arrivés au début de la haute saison, car même si c’est l’hiver qui commence ici, il fait en fait moins chaud et plus sec que durant la saison humide d’été où les températures y sont presque insupportables.
La ville était renommée pour ses plantations de bananes qui sont l’attraction de la région, et qui drainent habituellement de nombreux travailleurs et backpackers, faisant marcher le commerce local. Hors, il y a deux mois de cela, elle a connu un cyclone qui a ravagé la majorité de ces plantations, et laissé un goût amer aux habitants. Nous avons également appris par la suite que la ville a connu de nombreuses catastrophes successives depuis ces dernières années : inondations, bushfires, et maintenant cyclone. Avec cela, de nombreux habitants ont délaissés la ville, et les touristes y sont moins au rendez-vous. La ville a donc perdu de son âme…

Voilà, c’est ici que nous avons posé nos backpacks pour quelques temps. Et après bientôt un mois ici, voici l’heure du bilan !
Après deux trois jours de recherche de travail, je tombe sur un hôtel restaurant « Le Carnarvon Hôtel » qui cherchait justement une serveuse pour son restaurant qui allait ouvrir trois jours après. Ils ont donc pris mon CV et m’ont dit de venir directement au lendemain de l’ouverture.
Il n’était même pas question d’un essai au final, ils m’ont pris directement, me faisant signer tous mes papiers dans la foulée. Le cadre est sympa, un côté bar qui fait un peu PMU, avec lunch à la carte et jeux de paris sportifs. Un côté restaurant, plus classe, avec plats semi gastronomiques et vue sur le coucher de soleil tous les soirs.
Ici pas de pression comme à Perth. Les deux managers d’une soixantaine d’années sont deux petits papys stylés et très gentils. L’équipe est composée uniquement de filles en salle et de mecs en cuisine. Une équipe très jeune et cosmopolite. Comme il n’y a pas énormément de clients durant la journée, le rythme est plutôt calme et détendu, de quoi laisser le temps d’apprendre en douceur. Le soir en revanche, au restaurant d’une capacité de 80 couverts, la salle est vite pleine presque tous les soirs, et les réservations vont bon train. On me laisse en autonomie totale et avec pas mal de responsabilités.
Et au moins là, amélioration de l’anglais obligatoire ! Même si je galère encore quelque peu de ce côté, ma petite expérience en restauration en France compense mes lacunes linguistiques. Et les clients sont en général compréhensifs et curieux de connaître mon parcours.
Pour couronner le tout, la paie est bonne, très bonne le week end, le seul problème est que ce job ne compte pas pour la validation du second visa.

Pour Mika en revanche, c’est plus le ramage. Les rôles sont inversés ici par rapport à Perth. N’ayant aucune expérience dans la restauration et plus particulièrement le service, il se tourne immédiatement vers le travail en ferme, dans la construction ou dans les caravan parks. Mais, le moins que l’on puisse dire, c’est que les recherches ne se révèlent pas très fructueuses jusqu’ici. Après le cyclone, les fermes peinent à embaucher car le début des récoltes de tomates, chilli et autres s’en retrouve décalé. Quant à la construction, il parait compliqué d’y rentrer sans avoir de connaissances sur un chantier. A moins d’avoir une qualification particulière et de se proposer en tant qu’auto-entrepreneur.
Du coup, il n’a que 3 journées de travail à son actif en ferme où il a eu la joie de planter des graines de courgettes ou encore travailler au black pour son manager.

Le tout avec un objectif commun : travailler ensemble dans une ferme permettant de cumuler des jours pour l’obtention d’un second Working Holiday Visa. Sachant que travailler au même endroit nous faciliterait aussi beaucoup la tâche au quotidien puisqu’aujourd’hui je travaille au centre-ville, pas avant 11H du matin, alors que le travail en ferme commence généralement autour de 7H et à 10km de là… Le tout avec un seul et unique van/maison !

En attendant, pour ce qui est de notre vie quotidienne, nous sommes plusieurs vans et voitures de backpackers à squatter le parking poids lourds d’une station service à l’exterieur de la ville pour y dormir légalement. En journée on retrouve la team des frenchis à notre petit squat (petit parking en bord de mer avec barbecues et sanitaires), on fait nos lessives à 5$ au laundromat et fait sécher notre linge en mode romanos, on prend nos douches froides ou douches solaires presque tous les jours ;p, et on squatte le wifi gratuit de la station service. Une vie de roots quoi, mais on finit par bien s’y accomoder !

 

Allez, see ya 😉 !

 

Théo &Mika.